En 1997, BERIM remporte, en association avec
l’architecte Isabelle Colas, la première opération conséquente conduite en démarche HQE (Haute
Qualité Environnementale) : la construction du lycée
Léonard-de-Vinci à Calais. Un projet porté à l’époque
par la volonté de la présidente de la Région, qui a
pu mettre des moyens à la hauteur de ses ambitions.
Ainsi pour un surcoût certain a-t-il permis la mise en
oeuvre de l’ensemble des solutions durables – solaire,
cogénération, récupération des eaux… – et d’atteindre
des performances d’exploitation conformes aux objectifs.
Bernard Lours se souvient : “Nous avons considéré que
nous étions engagés dans un mouvement irréversible.
La qualité de la construction et plus généralement la
qualité environnementale du bâtiment (QEB) devait
devenir une préoccupation des Maîtres d’Ouvrage.”
L’intérêt de BERIM pour cette démarche ne se dément
pas.
Cette évolution dans l’acte de construire et d’aménager
s’est propagée de la sphère du public à celle du privé.
La réglementation a elle aussi considérablement évolué :
“Aujourd’hui, estime Bernard Lours, nous sommes
entrés dans une phase de quasi labelisation. Il existe
en effet désormais trois certifi cations spécifi ques
dans le domaine des constructions neuves, propres
à la problématique du développement durable : la
CSTB Bâtiment Tertiaire, Habitat et Logement pour le
logement neuf, Patrimoine et Environnement pour le
logement existant.” Enfin, partie d’une problématique
de construction, la qualité environnementale s’est
étendue à l’aménagement du territoire comme aux
ouvrages industriels liés à l’environnement telles que
les stations d’épuration ou les usines de traitement et
de valorisation des déchets.
Privilégier une approche concrète
Fort de ces constats, BERIM crée en 2007 une filiale
– Agi2d, Agir pour le développement durable – embauche
Pierre Mérieux, ingénieur lyonnais qui officie en
indépendant depuis une quinzaine d’années. Ce dernier
remplissait notamment des missions d’assistance et
de conseil environnemental à Maître d’Ouvrage tout
en participant à des actions de formation. “Au-delà
de son profi l et de ses compétences, Pierre Mérieux a
pour atout de posséder une approche concrète de ces
préoccupations”, précise Bernard Lours. L’un des objectifs
de la filiale, prioritaire, est d’aider le groupe en interne
à faire évoluer ses multiples métiers et à mieux intégrer
au sein de son panel d’activités les préoccupations
liées au développement durable. “L’approche
environnementale dans l’acte de construire doit faire
l’objet d’une appropriation par les professionnels
dont c’est le métier de concevoir, suivre et réaliser les
opérations. Cela signifi e, poursuit Bernard Lours, que
nous devons faire évoluer l’ensemble de nos métiers
et de nos pratiques.” Le cadre des actions d’Agi2d est
défini : la filiale pourra agir contractuellement de façon
totalement autonome, ou bien s’adosser à BERIM, qu’il
s’agisse d’assistance à Maître d’Ouvrage ou de conseil
assistance au sein d’une équipe de Maîtrise d’OEuvre.
Là encore, en offrant, comme l’a toujours fait BERIM vis-à-vis des collectivités, une approche globale, qui
dépasse la seule maîtrise technique et intègre les
aspects sociaux, économiques et environnementaux.
Les freins et les obstacles
Un débat, récurrent en matière de HQE, n’est toujours
pas clos : construire ou aménager en accord avec des
objectifs durables entraîne-t-il un surcoût ? Et celui-ci
peut-il casser l’élan en cours ? Bernard Lours répond
à la première question par l’affirmative. La seconde
provoque un avis plus nuancé. “Tout dépend du
donneur d’ordre ! Le spécialiste poursuit : La difficulté
est aujourd’hui de passer du discours à des actes
concrets sur les chantiers. L’un des points positifs
est que les jeunes ingénieurs généralistes, chefs de
projet, sont pour la plupart très volontaires dans ce
domaine qui peut ajouter un intérêt supplémentaire à
leur fonction de concepteur. Il reste pour autant encore
du chemin à parcourir pour faire évoluer les modes
de réflexion et les mentalités, changer les pratiques.
C’est parfois vécu comme de nouvelles contraintes.”
Il est donc fondamental que l’ensemble des acteurs
– Maîtrise d’OEuvre, Maîtres d’Ouvrage et entreprises –
achèvent de s’approprier des préoccupations devenues
incontournables •
